Femme âgée devant un mémorial de guerre en France

Pourquoi le 8 mai n’est plus un jour férié en France ?

1959 : le 8 mai s’efface du calendrier des jours chômés, alors que la mémoire de la guerre brûle encore dans les esprits. Entre décisions politiques et devoir de mémoire, la date du 8 mai en France n’a jamais cessé d’être un marqueur, contesté ou célébré, de notre rapport à l’histoire.

Ce va-et-vient législatif sur la place du 8 mai dans notre société n’a rien d’anodin. Il dit beaucoup de la façon dont la France, au gré des priorités gouvernementales ou des vents idéologiques, compose avec ses symboles. L’histoire mouvementée de ce jour férié donne à voir les tensions entre mémoire collective et réalités institutionnelles.

Le 8 mai, une date clé dans l’histoire contemporaine française

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule à Reims. L’acte officiel porte la signature du chef d’état-major allemand Alfred Jodl, sous le regard d’Eisenhower, avec à ses côtés le général français François Sevez. Un jour plus tard, la victoire s’inscrit aussi à Berlin, pour marquer définitivement la fin du conflit sur le sol européen.

La France, sortie exsangue de la guerre mais debout, retrouve sa place parmi les vainqueurs. Ce jour devient une balise collective, un rappel de la victoire contre la barbarie. Mais derrière les fanfares, il s’agit aussi de célébrer le retour à la République, la restauration des libertés publiques et la promesse d’un avenir sans chaînes.

Voici les rituels qui accompagnent chaque année cette date :

  • Une cérémonie officielle sur les Champs-Élysées, sous l’Arc de Triomphe, ravive la flamme du souvenir.
  • Un hommage est rendu à tous les disparus, qu’ils soient tombés au combat ou victimes civiles.
  • Le rôle des Alliés, États-Unis, Royaume-Uni, Union soviétique et la France, signataire à part entière, est constamment salué.

Le 8 mai, c’est le point de bascule d’une France meurtrie vers une France debout, entre la mémoire nationale et le récit européen de la libération.

Pourquoi la victoire de 1945 est-elle commémorée chaque année ?

La flamme du souvenir ne s’éteint pas par hasard. Marquer le 8 mai, c’est maintenir vive la conscience du prix payé pour la liberté. Cette date, symbole de la victoire sur l’Allemagne nazie, raconte la libération, la reconstruction, la fragilité du retour à la paix et la force puisée dans le sursaut collectif. Partout, la France fait mémoire : élus, citoyens, anciens combattants et jeunes se rassemblent.

De la place du village à la capitale, chaque monument aux morts est le théâtre d’une cérémonie. Les noms gravés rappellent la brutalité de la guerre. Sous l’Arc de Triomphe, la flamme ne s’éteint jamais. Dans les écoles, enseignants et élèves retracent les événements, soulignant l’engagement de la France et de ses alliés. On explique, on transmet, on questionne.

Trois façons de voir ce 8 mai coexistent :

  • Longtemps jour férié, il mêle célébration solennelle et temps de pause nationale.
  • Pour certains, c’est une minute de silence face aux cicatrices d’un conflit planétaire.
  • Pour d’autres, c’est l’occasion de rassembler les générations autour d’une mémoire partagée.

La commémoration du 8 mai, loin de n’être qu’un souvenir militaire, oblige à rester vigilant, à méditer sur la paix durement acquise et sur les menaces qui rôderaient encore.

Jour férié ou non : les évolutions du 8 mai au fil des gouvernements

La place du 8 mai dans le calendrier français a souvent changé de visage, reflet des choix politiques et des sensibilités collectives. Dès 1946, la loi en fait un jour chômé, consacré à la victoire sur l’Allemagne nazie. Mais la suite est tout sauf linéaire.

Au temps de Charles de Gaulle, la date reste honorée, mais dès 1959, il opte pour une certaine sobriété : cérémonies allégées, moins de faste. Les années 1970 bousculent l’ordre établi. En 1975, Valéry Giscard d’Estaing supprime le jour férié, voulant favoriser l’amitié franco-allemande et inscrire la France dans un mouvement européen. Le 8 mai perd alors son statut de jour chômé ; seules quelques cérémonies subsistent.

1981 marque un nouveau virage. François Mitterrand, fraîchement élu, décide de restituer au 8 mai sa dimension nationale et collective. Depuis cette date, le jour férié est maintenu. Mais le débat n’a jamais vraiment disparu : certains avancent la nécessité de rationaliser le calendrier ou d’associer le 8 mai à la Journée de l’Europe, d’autres défendent la singularité de ce moment d’arrêt, pour ne pas laisser s’effacer la mémoire d’un acte fondateur de notre histoire.

Père et fille devant une école en France

L’importance du 8 mai dans la mémoire collective européenne

Le 8 mai ne résonne pas qu’en France : il s’inscrit dans la mémoire de l’Europe tout entière. À Paris, Berlin, Londres ou Rome, cette date rappelle la capitulation de l’Allemagne nazie, mettant fin à la plus grande tragédie du continent. Les traces de la Seconde Guerre mondiale restent vives : destructions, déportations, frontières redessinées. Partout, la victoire de 1945 a forgé une identité commune, même si chaque pays la commémore à sa façon.

La France et la République tchèque en ont fait un jour férié et une fête nationale. En Russie, c’est le 9 mai, décalage horaire oblige, qui incarne la victoire. L’Italie, de son côté, célèbre la libération le 25 avril, jour de la chute du fascisme. Petit à petit, la Journée de l’Europe, célébrée le 9 mai, s’invite dans le calendrier, symbole du projet commun né sur les ruines de la guerre.

Les différences demeurent : là où la France fait une pause pour honorer ses morts et ses victoires, ailleurs en Europe la vie continue son cours. Pourtant, ce 8 mai irrigue en profondeur le récit du continent, tissant un fil de mémoire entre vigilance et fierté retrouvée. Le souvenir du 8 mai, c’est aussi un appel à ne jamais laisser les leçons du passé s’effacer dans le bruit du présent.

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